Un peu d'histoire

Un Pays indépendant occupé

Le Tibet est historiquement un pays indépendant depuis l’an 127 av JC. Surnommé « Le Toit du Monde », sa situation géographique l’a longtemps tenu à l’écart des affaires du monde. Les 3 provinces du Tibet ,l’U Tsang, le Kham et l’Amdo représentent une superficie de 2,5 millions de km2.

Aujourd’hui, lorsque la Chine parle du Tibet, elle fait référence à une région qu’elle a définie comme «Région Autonome du Tibet » en 1965 et qui ne couvre que, l’U Tsang et une petite partie du Kham.

L’invasion, puis l’occupation du Tibet constituent des actes d’agression perpétrés en violation du droit international. L’ONU a adopté 3 résolutions sur le Tibet en 1959, 1961 et 1965, dénonçant la privation des droits fondamentaux et des libertés fondamentales du peuple tibétain. A ce jour, ces textes sont restés lettres mortes.

 

Des extraits du discours du Premier Ministre du Gouvernement Tibétain en exil, le 10 mars 2017 :

« En 1959, le 10 mars, des tibétains de toutes les strates de la société ont manifesté pacifiquement dans un soulèvement contre l'occupation illégale du Tibet par la république populaire de Chine…

…A ce jour, on estime qu'un million de personnes ont péri et que 98% des monastères ont été détruits sous l’occupation chinoise… »

 

« … Le rapport 2015-2016 d'Amnesty International a mis en évidence les restrictions croissantes de la part du gouvernement chinois sur les monastères tibétains. Le rapport 2016 de Freedom House a classé le Tibet comme étant le deuxième pire endroit au monde pour les droits politiques et civils, après la Syrie.

 

En décembre dernier le Parlement européen a appelé à une reprise du dialogue avec les représentants tibétains pour résoudre pacifiquement le problème du Tibet.

 

à la veille de la 34ème session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, 6 experts indépendants des Nations Unies ont publié une déclaration solidaire sur l'étendue des violations des droits de l'homme au Tibet, en particulier à Larung Gar et Yarchen Gar. Utilisant des termes tranchants dans leur déclaration, les experts des Nations Unies ont lancé un cri d'alarme sur les violations par la Chine des lois internationales des droits de l’homme et sur la répression religieuse à grande échelle au Tibet.

 

". Le rapport annuel 2016 de la Commission Exécutive du Congrès des Etats-Unis mentionne également "l'imposition de nouvelles directives, depuis novembre 2012, telles la pénalisation du secours à une personne s'auto-immolant, l'annulation préventive de fêtes autorisées, des limitations croissantes sur la pratique religieuse et un plan délibéré de détournement de la doctrine bouddhiste tibétaine et de sélection des chefs religieux"…. »

 

« …Un rapport récent du tribunal populairre de la région Autonome du Tibet dénombre 1446 prisonniers et 1793 inculpations pour la seule année 2016, dans une répression des Tibétains sans pitié au prétexte de punir des criminels… »

 

Le Panchen lama, une des principales figures du bouddhisme tibétain, enlevé en 1995, peu après sa nomination alors qu’il avait 5 ans et détenu depuis dans un lieu secret. Sans doute le plus jeune prisonnier politique au monde.

 

« …Ces politiques répressives ont amené les tibétains au Tibet à des mesures désespérées. Tel est le cas de Tashi Rabten, âgé de 33 ans, décédé lors de son auto-immolation en signe de protestation, en décembre dernier…. » Il était le 145ème à périr en flammes dans une rue Tibétaine.

La destruction d’une culture

80% des tibétains au Tibet sont illettrés. Tout est mis en œuvre pour les dissuader d’étudier leur langue. Dans les zones rurales les écoles n’existent pas ou n’en ont que le nom. De même les tâches administratives ne se font qu’en chinois. A l’inverse, dans la communauté en exil, plus de 92% des enfants et des jeunes sont scolarisés et apprennent la langue tibétaine

 

Avant son invasion le Tibet comptait 6 000 monastères et monuments historiques. En 1979, à l’exception de 13 d’entre eux, tous étaient en ruines. La politique culturelle mise en place au Tibet vise à assimiler le peuple tibétain et constitue un « génocide culturel ».

 

« …L’an passé, les autorités chinoises ont débuté la démolition de l'institut Larung Gar. Il en a résulté l'expulsion forcée de moines et nonnes, afin d’atteindre l'objectif de 5000 résidents, du 10 000 avant la démolition… »

Un Environnement dévasté

Avant son invasion, le Tibet comptait 221 000 km2 de très anciennes forêts. La politique systématique de déboisement conduite par la chine a réduit cette surface de moitié. Avec ses 35 000 km2 de lacs, le Tibet est le château d’eau de l’Asie et c’est là que les plus grands fleuves prennent leur source. Les inondations qui ont ravagé la Chine en 1998, n’ont fait que confirmer les préoccupations exprimées de longue date par les tibétains. Le déboisement anarchique en amont du fleuve Yangtsé a été considéré comme la cause essentielle de ces inondations.

 

94 des 160 minéraux connus au monde sont présents et exploités au Tibet, en particulier ceux que l’on appelle les « terres rares » massivement employés pour l’électronique. La chine utilise le plateau tibétain pour fabriquer des armes atomiques, stocker ses déchets nucléaires et y stationner des ogives nucléaires…

 

« … L’an dernier, le déferlement des exploitations minières à ciel ouvert non réglementées dans les montagnes sacrées de Amchok et de Minyak a rencontré une vague de protestations locales… Les experts des Nations Unies ont interrogé les chinois sur les impacts environnementaux des exploitations minières d’Amchok. Pour être conformes avec la juridiction internationale sur l'environnement, les activités minières devraient être viables d’un point de vue environmental, respecter la culture locale et bénéficier aux populations locales sur le plan économique… »

Les soins médicaux

L’accès aux soins médicaux coûte très cher. Pékin se vante d’assurer la gratuité des soins au Tibet, mais ceux qui ne peuvent pas acquitter la provision (800 à 1000 Yuan), soit la moitié d’entre eux, ne sont pas soignés quel que soit leur état. Même si quelques villes sont équipées, les zones rurales connaissent une grande pénurie en matériel médical et en personnel.

 

 

La lutte pacifique d’un peuple opprimé

Dès son arrivée en exil à Dharamsala en Inde, le Dalaï-lama a reconstitué une administration tibétaine qui fonctionne selon les principes modernes de la démocratie. Depuis 2011, il n’occupe plus aucune fonction politique au sein du gouvernement Tibétain en exil.

 

Lui, le maître religieux, a estimé que la religion et l’Etat devaient être séparés. Les Tibétains élisent depuis lors leurs représentants a à une Assemblée, et un dirigeant politique, à la tête d’un gouvernement de 8 ministères, Affaires sociales, Education, Santé, Sécurité… Tous les Tibétains en exil, quel que soit le pays où ils se trouvent, peuvent participer aux élections.

. Dès 1988 le Dalaï-lama a proposé aux autorités chinoises un statut d’autonomie réelle pour le Tibet Le bien-fondé de cette position est reconnu internationalement et a valu l’attributuin au Dalî Lama du Prix Nobel de la Paix en 1989.

« …En juin 2016 le président Barack Obama recevait Sa Sainteté le Dalaï Lama à la Maison Blanche et témoignait de son fort soutien à "La Voie Médiane" en exhortant le gouvernement chinois à enclencher un dialogue véritable avec les émissaires de Sa Sainteté le Dalaï Lama. .. »

« ... Cette année, le Kashag a rendu publique la version révisée de la "Politique d'autonomisation des femmes tibétaines initiée par le Dalï Lama, selon laquelle les femmes tibétaines contribuent à un leadership global et pacifique au XXIème siècle.

 

Le Kashag a désigné le 12 mars comme "Journée de la femme tibétaine…"